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Guide méthodologique d'analyse des risques exogènes

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Il faut entendre par risques exogènes tous les événements non souhaités, de toute origine (naturelle, industrielle, etc…), extérieurs à une entreprise et pouvant avoir un impact sur celle-ci. Comme pour les risques internes, les cibles concernées par ce type de risque sont les employés, les biens ou encore l'activité de l'entreprise.

Figure 1 : Exemple de risque exogène

Introduction

Contrairement aux risques endogènes (internes à l'entreprise), les risques exogènes ne sont que très rarement pris en compte dans l'analyse des risques d'un site. Or, comme nous l'a démontré l'explosion de l'usine AZF en 2001 qui causa dans un rayon de 700 mètres la destruction de l'ensemble des entreprises et la mort de 30 personnes dont 9 à l'extérieur du site, les risques exogènes ne sont pas à négliger et doivent être pris en compte dans l'analyse des risques d'un site. Les effets occasionnés par l'accident d'AZF sont la preuve qu'un événement non souhaité peut naître d'un aléa indépendant de l'activité d'une entreprise.

C'est pourquoi il apparaît important de recenser, d'analyser et d'anticiper ces risques exogènes.

Après une recherche bibliographique, nous avons constaté que la finance ou l'informatique, identifient des risques exogènes, mais spécifiques à leur secteur (crac boursier, virus informatique,…). Le milieu médical porte également une attention à certains risques exogènes comme, par exemple, la coupure électrique qui peut engendrer un risque dans les blocs opératoires. Après cette identification, se mettent en place des mesures de prévention (ex : groupe électrogène).

Nous observons qu'on ne propose aucun guide méthodologie d'analyse pour les risques exogènes comme il en existe pour les risques endogènes (ex : CRAM…). Ceci explique pourquoi en France les entreprises prennent très peu en compte les risques exogènes qui les entourent.

Nous nous proposons donc d'élaborer une méthodologie d'analyse de ces risques exogènes afin de permettre aux entreprises de les recenser, les hiérarchiser et d'évaluer les mesures de prévention et / ou de protection possibles. La difficulté de cet exercice viendra principalement du point de vue à adopter. En effet, il s'agit ici d'analyser des risques qui n'ont aucun rapport avec l'activité des entreprises utilisatrices de notre outil. Nous devons nous placer du point de vue de l'entreprise « victime », contrairement à une analyse des risques endogènes, où l'on se place du point de vue de l'entreprise génératrice du risque.

Outre les difficultés liées au recensement et à l'évaluation des risques exogènes, cet état de fait implique le manque, voir l'absence, d'emprise sur ces risques. Hormis de rares cas, nous pouvons d'ors et déjà avancer que nombre de mesures proposées pour réagir aux risques seront donc des mesures de protections, et non de prévention.

Cet outil s'adresse à tous les types de sites, que ce soient des grandes entreprises, des PME, des PMI, sans oublier les sièges sociaux qui présentent principalement des risques exogènes.

Contexte réglementaire

D'après le Code du Travail (article L230-2), la sécurité des salariés est de la responsabilité du chef d'entreprise. Il doit éviter de mettre ses salariés en situation de danger et doit analyser les risques inévitables afin de mettre en place des mesures de prévention et / ou de protection pour limiter leurs effets.

Les 9 principes généraux de prévention, présents dans cet article, ne font aucune distinction entre les risques endogènes et les risques exogènes. Par conséquent, il est du rôle de l'employeur d'analyser ces risques exogènes avec la même précision que les autres risques habituellement traités.

En ce qui concerne les risques endogènes, depuis Novembre 2001 il est demandé à toutes les entreprises d'élaborer un document unique selon l'article R230-1 du code du travail. Pour certaines entreprises dont l'activité est classée à risque, il peut être prescrit la réalisation d'un Plan d'Opération Interne et éventuellement un Plan Particulier d'Intervention .

Malgré l'ignorance par les entreprises de prendre en compte les risques exogènes, il existe une particularité qui concerne les sites classés SEVESO II. Ces établissements sont dans l'obligation de mettre en place une étude de dangers recensant différents scénarios catastrophiques. Lors de la réalisation de ces scénarios, la réglementation impose à l'entreprise de prendre en compte les risques exogènes. Prenons pour exemple un site de pétrochimie : dans l'un de leurs scénarios le risque de chute d'avion est pris en compte et différentes mesures sont alors mises en place afin de réduire cet impact.

Afin de sensibiliser et d'aider les entreprises à analyser leurs risques exogènes, nous proposons d'élaborer un guide méthodologique d'analyse des risques exogènes.

Méthodologie d'analyse des risques exogènes

I/ Problématique

Nous avons décidé pour notre étude de ne pas nous limiter à un type d'entreprise en particulier, notre méthodologie devra donc être applicable à tout type de site. De ce fait il nous apparaît impossible de réaliser et d'imposer un outil d'analyse des risques exogènes prédéfini. Il nous faudra donc créer un référentiel des risques ainsi qu'une méthodologie qui permettront au chef d'entreprise de réaliser lui-même son analyse.

En ce qui concerne la recherche de moyens de prévention, nous nous confrontons au manque d'ouvrages existant sur les risques exogènes tel que nous l'entendons. D'une manière générale, il nous apparaît que nous devrons nous baser pour notre recherche de moyens de prévention / protection, non pas sur les typologies de risques exogènes, mais sur les cibles impactées, à savoir les personnes, les biens et l'activité de l'entreprise.

Il nous faudra ensuite élaborer une méthode d'évaluation des risques exogènes permettant aux chefs d'entreprises de hiérarchiser leurs risques, et ainsi pouvoir établir un plan d'action. La difficulté majeure sur cette problématique est, là aussi, issue du fait que chaque site est unique et possède ses propres caractéristiques. Le facteur géographique notamment par rapport à la source du danger, sera un élément important de cette évaluation, mais sera propre à chaque entreprise.

II/ Réponses à la problématique

Dans cette partie « Réponses à la problématique », nous allons vous présenter rapidement nos objectifs pour répondre au sujet de cette étude. Le détail de notre travail sera fait dans la partie III « Les étapes de notre travail ».

2.1) Le « Catalogue des risques exogènes »

Afin de permettre aux chefs d'entreprises de recenser leurs risques exogènes, nous avons créé un référentiel des risques, sous forme de catalogue, comprenant différentes parties indiquées sur le schéma suivant :

Nous donnons quelques définitions dans le catalogue qui nous parait primordial pour que cet outil puisse être utilisé dans les petites entreprises où il existe rarement de poste de chargé de sécurité. En ce qui concerne le contenu pour chaque risque exogène, que nous avons classé par typologie (naturel, industriel, technologiques, transport, sociaux, réseaux et pandémie grippale), il est primordial de la maintenir identique pour chaque risque afin que l'utilisateur s'adapte très vite au fonctionnement du catalogue.

De plus, le catalogue se présente en classeur afin de faire vivre très facilement le document en cas de modification ou pour permettre d'enlever les fiches de synthèse vierges que nous verrons dans la partie suivante.

2.2) Le « Classeur Opérationnel »

De part sa consistance, le « Catalogue des risques exogènes » se révélerait trop contraignant dans son utilisation au quotidien. Il nous semble qu'il ne devrait être seulement utilisé pour l'identification et le recensement des risques. Nous avons donc créé un « Classeur Opérationnel » constitué de fiches de synthèse reprenant un résumé de chaque élément du catalogue. De plus, ces fiches permettront à l'utilisateur de calculer la criticité du risque correspondant, suivant une méthode établie (cf. partie 4.1) « Méthodologie d'analyse des risques » de ce rapport), et ceux afin de mettre en place une hiérarchisation des risques en vue du plan d'action.

Schéma classeur opérationnel :

2.3) Interface « Catalogue des risques exogènes » / « Classeur Opérationnel » Pour plus de clarté, nous avons également intégré dans nos deux classeurs, « Catalogue des risques exogènes » et « Classeur Opérationnel », la méthode d'articulation entre ces deux éléments de notre outil. Cette interface est imagée afin de rendre ce document le plus compréhensible possible. La première démarche consiste à recenser les risques exogènes auxquels l'entreprise utilisatrice est soumise dans le volume intitulé : « Catalogue des risques exogènes ». Les risques exogènes y sont recensés en une liste aussi exhaustive que possible et classés par typologies. Pour chaque risque, l'utilisateur y trouvera une définition, où trouver des informations complémentaires, des exemples de manifestation de ces risques, ainsi que des propositions de mesures de prévention et / ou de protection à mettre en place.

Ensuite, lorsque l'utilisateur trouvera un risque qu'il lui faut prendre en compte, il devra renseigner la fiche intitulée « Fiche de synthèse ». Il existe une fiche de synthèse propre à chaque risque exogène. Sur ces fiches, il aura à calculer la criticité de chaque risque, en suivant la méthode d'analyse des risques proposée en dernière partie du classeur opérationnel.

Une fois la fiche de synthèse renseignée, il lui faudra la retirer du « Catalogue des risques exogènes » et l'insérer dans le « Classeur Opérationnel », en respectant le classement par typologie de risque (identique au catalogue).

Une fois le recensement effectué, les criticités calculées, et le Classeur Opérationnel constituée, l'utilisateur devra reporter les criticités et les mesures de prévention correspondantes à chacun de ses risques dans le tableau intitulé « Plan d'action » du « Classeur Opérationnel ».

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